Céline Eidenbenz, 2021 :
Hans Loretan (1920-2008), Portrait d’Alfred Grünwald, 1951, bronze, 46 x 22 x 27 cm, Musée d’art du Valais, Sion, inv. BA 3494, achat en 2019 Le sculpteur haut-valaisan Hans Loretan a joué un rôle décisif dans le développement de l'art sacré et de l'art dans l’espace public durant la seconde moitié du 20e siècle. Formé à l'école des arts appliqués de Lucerne et à l'École des Beaux-Arts Genève, Loretan a bénéficié des conseils du peintre Ludwig Werlen, ami de son père. Ses sculptures, pour la plupart réalisées dans les matériaux classiques comme le bronze et la pierre, ont souvent été destinées à des édifices sacrés. Ancré dans la culture et la tradition valaisanne, le travail de Loretan a donné un nouvel éclat à l'art sacré catholique de cette région. Le sculpteur a répondu à des commandes importantes pour des Chemins de croix dans des églises à Brigue et à Zürich-Höngg. Indépendamment du contenu religieux, les œuvres de Loretan reflètent les expériences universelles et les émotions fondamentalement humaines. En dépassant les particularités de l’iconographie religieuse, il s'est préoccupé toute sa vie de la figure humaine, l’amenant aux limites de l'expressivité. Dans cette sculpture imposante, Loretan façonne le portrait de son ami peintre Alfred Grünwald, avec qui il a longtemps partagé son atelier à Brigue. Le visage du jeune homme, alors âgé de 22 ans, est traité dans un style proche de celui d’Alberto Giacometti quelques décennies plus tôt : les traits lisses et symétriques évoquent la concentration, tandis que la masse de cheveux, plus désordonnée, renvoie à l’iconographie de l’artiste inspiré. Proposée par les descendants de l’artiste à une valeur préférentielle, cette œuvre a été acquise en 2019 par le Musée d’art du Valais avec une dizaine d’œuvres représentatives de sa carrière.
