2013, :
La Grande Châsse de Sion a probablement été réalisée sous l’évêque Ermenfroi (1054-1055 – 1087-1092). Ce dernier pourrait avoir joué un rôle moteur dans la redécouverte des reliques de saint Théodule et fait construire la Grande Châsse pour les abriter. La châsse à couvercle en forme de toit à quatre pans et noyau en bois a été transformée à plusieurs reprises et forme aujourd’hui un ensemble hétérogène : les feuilles d’argent d’origine, représentant au repoussé des scènes de la Vie et de la Passion du Christ ainsi que son Ascension, se concentrent désormais sur un seul côté long. À l’origine, la châsse devait être entièrement recouverte de plaques. Au XIVe siècle, des décors peints représentant un Christ en majesté et des épisodes de la vie de Théodule sont venus combler des espaces dépouillés de leur décor métallique. Plus tard, le décor peint a été recouvert de plaques de fer étamées. Au XIVe siècle, l’évêque Philippe de Chamberlhac (1338-1342) fait faire une nouvelle châsse aujourd’hui disparue pour recevoir le corps du saint évêque. Reléguée au second rang, la Grande Châsse de Sion contiendra désormais la mitre et de petits ossements du saint. En 1818, la châsse est utilisée pour la translation des reliques des martyrs thébains conservés à Valère vers la nouvelle chapelle Saint-Maurice aménagée dans la cathédrale Notre-Dame-du-Glarier à Sion. Vers 1862, la Grande Châsse de Sion est retirée de l’autel de la chapelle et rangée dans la sacristie. Des quatre reliquaires de saint Théodule énumérés dans l’inventaire établi en 1364 pour l’église de Sion, la Grande Châsse est l’unique pièce qui nous soit parvenue. in: Des Saints et des hommes. L'image des saints dans les Alpes occidentales à la fin du Moyen Âge, sous la direction de Simone Baiocco et Marie Claude Morand, Milan: Officina Libraria, 2013, p. 156.
